Quel hijab pour l'été : matière, couleur et coupe pour avoir moins chaud
Quel hijab pour l'été : fibre, finesse du tissu, couleur, bonnet. Ce qui change la chaleur sous un voile, et ce que les étiquettes promettent sans le prouver.
La réponse courte
Pour l'été, choisissez un voile fin et ouvert, dans une fibre qui absorbe la transpiration : coton, lin, viscose ou modal. Portez-le ample, sans serrer, et sur un bonnet léger seulement si le voile est transparent. La couleur compte moins qu'on le croit, la coupe et le tissu passent avant.
Pourquoi on a chaud sous un voile
Quand il fait chaud, le corps se refroidit surtout en évaporant sa sueur. Sur la tête et le cou, le voile se place entre la peau et l'air, et tout ce qui freine le passage de cette vapeur garde la chaleur.
Trois choses décident de ce passage : la fibre, qui absorbe ou non la transpiration ; le tissu, plus ou moins ouvert ; la façon de le porter, ample ou serré, sur une couche ou sur deux. La couleur vient après, et elle compte moins qu'on le croit.

La fibre : ce qui absorbe la transpiration
Le règlement européen sur l'étiquetage des textiles fixe pour chaque fibre un taux d'humidité de référence. Il sert à calculer une composition, pas à noter le confort, mais il montre bien quelles fibres retiennent l'eau et lesquelles la repoussent.

La viscose, le modal, le lin et le coton absorbent la transpiration. Le polyester la laisse en surface, si bien que la peau reste moite même quand le voile sèche vite. L'inverse a son revers : un tissu qui boit beaucoup met plus longtemps à sécher.
Pour les fortes chaleurs, ameli conseille aux enfants des « vêtements légers (en coton ou en lin), amples et de couleur claire ». La règle vaut pour un voile.
Le mot « jersey » ne dit rien de la fibre. C'est une maille, qui existe en coton, en viscose ou en polyester. Notre comparatif des tissus de hijab explique ce qui sépare une maille d'une étoffe tissée.
« Bambou », « modal » : lire l'étiquette
La viscose, le modal et le lyocell sont fabriqués à partir de cellulose de bois ou de plante, dissoute puis refilée. Ils ne sont pas naturels comme le coton, ni tirés du pétrole comme le polyester. Selon le vendeur, on les trouve rangés d'un côté ou de l'autre.
Le cas du bambou
Un voile vendu « en bambou » est en général de la viscose, et c'est ce mot qui doit figurer sur l'étiquette. « Bambou » ne fait pas partie des noms de fibres autorisés par le règlement européen. La DGCCRF a déjà relevé son emploi abusif lors de ses contrôles, et la FTC américaine a jugé que la viscose de bambou ne garde pas les propriétés de la plante.
Pour savoir ce qu'on achète, une ligne suffit : la composition en pourcentage. La mention « 100 % viscose » n'est permise que si le voile ne contient que de la viscose.
Un tissu fin et ouvert : le test à contre-jour
L'air traverse un tissu par les espaces entre ses fils. Les essais de laboratoire, menés selon la norme ISO 9237, montrent que le passage d'air suit la porosité de l'étoffe. Plus elle est ouverte, plus l'air passe. Une étoffe ouverte laisse aussi passer la lumière, ce qui se voit à l'œil nu.

Ce test dit aussi si le voile couvre assez. Un voile qui laisse passer le jour se porte sur un bonnet de sa teinte, pour que les cheveux ne se devinent pas au travers. C'est le cas de la mousseline, fine et fluide, le voile des jours chauds. Tous nos hijabs en mousseline sont réunis dans une collection.
Noir ou blanc : ce que disent les études
Qu'un voile noir chauffe plus qu'un blanc paraît évident. Les études sont plus nuancées. En 1980, la revue Nature a publié des relevés faits sur des Bédouins dans le désert. La chaleur reçue par le corps était la même en robe noire et en robe blanche, car le surplus absorbé par le noir se dissipait avant d'atteindre la peau.
En laboratoire, une étude de 1990 a trouvé un écart faible entre une tenue blanche et une tenue noire, le blanc laissant passer une part du rayonnement. Elle a aussi noté que la tenue noire en coton faisait davantage transpirer que la blanche en polyester.
Les consignes officielles restent simples. En canicule, Santé publique France recommande de porter « des vêtements amples, légers et de couleurs claires ». Une teinte claire ne nuit jamais, mais elle ne remplace ni une fibre qui absorbe ni une coupe ample.

Garder le bonnet en été ?
Chaque couche de tissu ajoute une fine lame d'air immobile, qui freine le passage de la chaleur et de la vapeur. Un bonnet sous le voile ralentit donc un peu l'évaporation de la sueur sur la tête. Nous n'avons trouvé aucune mesure faite sur un hijab, mais le principe est établi.
Si le voile tient seul et couvre assez, le bonnet peut rester au tiroir. Une maille comme le jersey accroche les cheveux : un hijab jersey se noue sans épingle et se porte sans bonnet, soit une couche de moins sur la tête. Tous nos hijabs en jersey se portent ainsi.
Si le voile est fin, glissant ou transparent, le bonnet reste nécessaire. Choisissez-le fin et de la même teinte que le voile. Vous trouverez nos bonnets et sous-hijabs dans une seule collection.
La coupe : ample plutôt que serré
Un voile ample, qui bouge quand vous marchez, renouvelle l'air autour de la tête et du cou. Un voile serré l'enferme, et là où le tissu colle à la peau, la sueur s'évapore mal.
En pratique, laissez de l'espace sous le menton, évitez les tours serrés autour du cou et préférez un drapé qui tombe sur les épaules. Notre guide pour nouer un hijab sans le serrer montre les gestes selon le voile.
Ce qu'un voile ne peut pas promettre
Certaines étiquettes promettent plus que le tissu. Trois mots sont à lire avec prudence.
- « Thermorégulant ». Nous n'avons trouvé aucune étude qui le prouve pour un voile en modal ou en bambou. Un tissu absorbe plus ou moins la transpiration ; il ne règle pas la température du corps.
- « Anti-UV ». La protection solaire d'un tissu dépend de sa densité, de sa couleur et de sa fibre, et baisse quand il est étiré ou mouillé. Dans une étude de 2001, moins de 30 % des tissus de coton, de lin et de viscose testés atteignaient le niveau UPF 30. Un voile d'été fin ne remplace pas l'ombre.
- « Antibactérien » pour le bambou. Des tests de laboratoire n'ont trouvé aucune propriété de ce genre aux tissus vendus « en bambou ».
Un voile d'été se juge sur ce qui se vérifie : la composition sur l'étiquette, la finesse à contre-jour, l'ampleur une fois porté.
Notre méthode
Ce guide s'appuie sur le règlement européen d'étiquetage des textiles, les consignes de Santé publique France et d'ameli, et des études publiées, listées ci-dessous. Le Carnet Maison Kilim le révise quand une source change.
Sources
- Règlement (UE) n° 1007/2011 relatif aux dénominations des fibres textiles, articles 5 et 7, annexes I et IX
- Santé publique France, Canicule : il est important de se protéger (2019)
- ameli, Canicule : protection des personnes à risque
- DGCCRF, enquête sur la sécurité et la loyauté des textiles
- FTC, communiqué sur les textiles « bambou » (2009)
- Shkolnik et al., Why do Bedouins wear black robes in hot deserts?, Nature, 1980
- Nielsen, vêtements blancs et noirs au soleil, European Journal of Applied Physiology, 1990
- Havenith, Heat balance when wearing protective clothing, Annals of Occupational Hygiene, 1999
- Salopek Čubrić et al., perméabilité des mailles, Tekstilec, 2024
- Gambichler et al., protection UV des textiles d'été, BMC Dermatology, 2001
- Hardin et al., tests des tissus « bambou », AATCC Review, 2009
Questions sur le hijab en été
Peut-on porter un hijab en jersey l'été ?
Oui, s'il est fin et fait d'une fibre qui absorbe la transpiration. La composition le dit, car « jersey » désigne une maille, pas une fibre. Son atout en été : il tient sans bonnet, donc sans couche de plus sur la tête. Un jersey épais reste plus chaud qu'un voile fin.
La soie de Médine est-elle adaptée à l'été ?
« Soie de Médine » est un nom commercial qui désigne le plus souvent un satin de polyester. Le polyester absorbe peu la transpiration, et ce satin glisse, donc il se porte sur un bonnet. Par forte chaleur, un voile fin en coton, en lin ou en viscose convient mieux.
Quelle couleur de bonnet sous un voile fin ?
La teinte du voile, ou la plus proche. Un voile fin laisse passer la lumière, et un bonnet assorti évite que les cheveux ou un contraste se devinent au travers. Sous un voile clair, évitez le bonnet foncé.
Quel hijab pour faire du sport quand il fait chaud ?
Un hijab de sport d'une seule pièce, qui s'enfile et ne bouge pas pendant l'effort. Les règles de l'été valent aussi : une coupe qui laisse circuler l'air et une composition lisible sur la fiche. Nos modèles sont dans la collection Hijab de sport.
Fait-il vraiment plus chaud avec un hijab ?
Un hijab ajoute une couche de tissu sur la tête et le cou, là où la sueur doit s'évaporer. L'écart dépend surtout du voile. Un tissu fin, absorbant et porté ample gêne beaucoup moins qu'un voile épais, serré et posé sur un bonnet.
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